À retenir

  • Le numérique fait partie de notre quotidien, nous rend des services mais il a des impacts sur l’environnement.
  • La fabrication des appareils numériques (smartphones, ordinateurs, tablettes, objets connectés) concentre une part importante des impacts : extraction de matières premières entraînant des pollutions, consommation importante d’eau et d’électricité…
  • Le numérique responsable désigne des pratiques qui permettent de réduire l’ensemble des impacts environnementaux du numérique.

Les grands principes du numérique responsable

Le numérique, un terme unique pour des usages très variés

La définition du numérique peut sembler large, tant ce mot est présent dans notre quotidien. Dans cet article, le terme numérique désigne tous les appareils électroniques, services et technologies qui permettent de créer, de stocker et de partager des informations. Il regroupe, par exemple :

  • les smartphones, ordinateurs, tablettes, téléviseurs connectés… tous les équipements indispensables pour consulter les données ;
  • les data centers qui stockent et traitent les données ;
  • les services qui offrent des solutions de partage : plateformes de streaming, sites Internet, réseaux sociaux.

Le numérique nous permet de communiquer (envoyer et recevoir des mails, par exemple), d’effectuer une recherche sur Internet, d’écouter de la musique, de regarder des films ou des séries, de jouer à des jeux, de faire des achats en ligne…

Toutes ces utilisations sont devenues des habitudes, mais elles sont pourtant récentes. En une vingtaine d’années seulement, le numérique s’est invité dans tous les aspects de notre vie quotidienne :

  • Avant, le matin, on éteignait son réveil. Maintenant, on arrête l’alarme de son téléphone.
  • Avant, on téléphonait au secrétariat pour avoir un rendez-vous médical. Maintenant, on utilise une application pour trouver un rendez-vous.
  • Avant, on « zappait » sur les 5 chaînes de la télévision hertzienne pour trouver un film. Maintenant, on parcourt le catalogue d’un service de streaming sur l’écran de la télévision.
  • Avant, on passait des entretiens de recrutement dans les locaux de l’entreprise. Maintenant, on réalise certains entretiens en visioconférence.

Source : Cairn.info (2019 ) – Comprendre et maîtriser les excès de la société numérique

Numérique responsable : définition

Le numérique peut sembler uniquement virtuel, mais il a des impacts bien réels sur l’environnement. La fabrication des équipements utilise à elle seule beaucoup de ressources (eau, énergie) et de matières premières (métaux stratégiques…). Le fonctionnement des appareils et des data centers consomme de l’électricité.

Par définition, le numérique responsable consiste à utiliser les outils et services numériques de manière à limiter ces impacts. L’objectif est d’adopter de bonnes pratiques pour consommer moins de ressources et produire moins de déchets électroniques.

Il peut s’agir, par exemple :

  • de garder son téléphone plus longtemps, plutôt que d’en changer dès qu’un nouveau modèle sort ;
  • de supprimer les photos en double dans son téléphone ou son ordinateur ;
  • de baisser la résolution d’une vidéo si on la regarde sur son téléphone ;
  • de ne pas utiliser l’IA générative pour s’amuser (ne pas faire des vidéos ou des visuels amusants mais peu utiles).

Au-delà de l’environnement, la définition du numérique responsable englobe aussi les bons réflexes et le comportement plus éthique que l’on peut adopter en ligne pour :

  • protéger sa vie privée et ses données personnelles ;
  • respecter la vie privée des autres ;
  • vérifier les informations avant de les partager pour éviter la diffusion de « fake news » (fausses informations) ;
  • ne pas partager de photos, vidéos ou musiques sans l’autorisation des auteurs…

Avantages et inconvénients du numérique

Les atouts visibles du numérique

Le numérique est devenu si indispensable dans notre quotidien, que ses avantages nous semblent évidents. Il nous permet, par exemple :

  • de gagner du temps, en trouvant en quelques clics des informations, en prenant des rendez-vous en ligne, en achetant des billets de train sur les sites des compagnies de transport…
  • d’éviter des déplacements, en réalisant certaines démarches en ligne, en utilisant des applis de visioconférence, en suivant des cours en ligne…
  • d’avoir accès à des divertissements depuis chez soi : jeux vidéo, films, séries…
  • de s’informer facilement, consulter l’actualité…
  • de faciliter les échanges, à travers les messages, appels, visio…

L’impact environnemental du numérique

Les avantages du numérique ne doivent pas faire oublier ses répercussions sur l’environnement. En France, le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone nationale et cette empreinte augmente régulièrement.

L’empreinte carbone, c’est quoi ?

L’empreinte carbone est un indicateur qui mesure la quantité totale de gaz à effet de serre (GES) émise directement ou indirectement par une activité, un produit, une personne, une entreprise ou un pays.

Elle est calculée en CO₂ équivalent. C’est-à-dire que tous les gaz à effet de serre émis sont recalculés pour correspondre à une équivalence en CO₂. Cela rend la comparaison plus simple entre les activités, les produits et même les émissions de gaz à effet de serre des pays.

Une grande partie de l’empreinte écologique du numérique est liée à la fabrication des smartphones, ordinateurs et autres appareils connectés. Pour les produire, il faut utiliser de nombreuses matières premières et des métaux stratégiques, comme le cuivre, le lithium, le cobalt ou les terres rares. Leur extraction épuise les ressources de la planète et génère une pollution importante de l’air, de l’eau et des sols.

L’impact social du numérique

Le coût environnemental se double d’un coût humain important. L’extraction des matières premières et la fabrication sont souvent localisées dans des pays où les conditions de travail sont très difficiles et ne respectent pas toujours les droits humains fondamentaux.

Les populations locales en font aussi les frais. Au Chili, en Argentine et en Bolivie, par exemple, la consommation importante d’eau pour fabriquer le lithium (un métal présent dans les batteries de smartphones) peut provoquer des pénuries pour les habitants.

L’extraction de certains minerais peut également entraîner des conflits armés. C’est le cas des « minerais de sang » (étain, tantale, tungstène et or) présents dans nos smartphones. Ces minerais sont parfois extraits dans des zones de guerre et ils sont soupçonnés de financer des groupes armés.

Enfin, une grande partie de nos appareils numériques sont fabriqués à l’étranger et les métaux indispensables pour les fabriquer ne sont disponibles que dans certains pays. Cela rend la France extrêmement dépendante de la stabilité économique et politique de ces pays : en cas de crise ou de conflit, il peut être plus difficile de s’approvisionner en ressources ou de fabriquer de nouveaux appareils.

Avec quels matériaux est fabriqué un téléphone portable ?

70

matériaux différents

50

métaux

Source : France Nature Environnement (2017) – L’empreinte cachée des smartphones

Découvrez comment conserver son smartphone plus longtemps.

Les conséquences du numérique sur la consommation d’énergie

La pollution numérique et ses impacts environnementaux ne s’arrêtent pas à la fabrication des équipements. Une fois entre nos mains, les appareils numériques ont besoin d’électricité pour fonctionner. Et plus on les utilise, plus la consommation électrique augmente.

Au quotidien, nous pouvons avoir tendance à :

  • laisser nos ordinateurs allumés ou en veille en continu ;
  • laisser plusieurs onglets ouverts sur nos navigateurs, même quand nous n’en avons plus besoin ;
  • envoyer des messages, des photos et des vidéos en quantité importante ;
  • utiliser énormément le streaming pour regarder des vidéos ;
  • stocker beaucoup de données sur le cloud ;
  • utiliser l’intelligence artificielle de plus en plus, même pour s’amuser ;
  • conserver nos anciens téléphones, ordinateurs, écouteurs… au lieu de les rapporter en magasin, à des associations ou en déchèteries pour que les matières premières qu’ils renferment soient recyclées.

Toutes ces pratiques sollicitent la batterie des appareils et consomment de l’électricité.

Des solutions pour un numérique plus responsable

Commencer par les gestes qui ont le plus d’impact

Certains gestes simples peuvent être très efficaces pour réduire l’impact du numérique sur l’environnement : prolonger la durée de vie des appareils pour éviter d’en racheter trop souvent, adopter de bons réflexes de navigation sur Internet, utiliser l’intelligence artificielle seulement lorsque c’est vraiment utile…

Découvrez les pratiques les plus efficaces pour contribuer à réduire la pollution numérique sur le site du programme Alt IMPACT.

Bien acheter et recycler ses appareils connectés

Avant d’acheter un nouveau smartphone ou un nouvel ordinateur, il est important de se poser les bonnes questions :

  • S’il est cassé, mon appareil peut-il être réparé ?
  • Ai-je vraiment besoin d’un nouvel appareil ?

Ensuite, si l’achat est vraiment nécessaire, il vaut mieux choisir un appareil :

  • reconditionné, pour éviter d’en fabriquer un nouveau : par exemple, un téléphone reconditionné coûte jusqu’à 75 % moins cher et a 8 fois moins d’impacts sur l’environnement qu’un téléphone neuf ;
  • avec un indice de réparabilité élevé : plus la note est élevée, plus l’appareil se répare facilement ;
  • et si possible, avec un logo environnemental, qui garantit que l’appareil a moins d’impact sur l’environnement, de sa fabrication à sa fin de vie.

Découvrez les conseils de l’ADEME pour bien choisir un téléphone reconditionné.

Si l’appareil ne sert plus, il est possible de le donner, de le vendre ou de le rapporter en magasin, plutôt que de le jeter ou de le laisser dormir dans un placard. Et s’il est cassé ou ne fonctionne plus, il peut être rapporté dans un magasin, en déchèterie ou auprès d’une association spécialisée. Les appareils numériques contiennent des matières précieuses qui peuvent être récupérées, recyclées et servir à fabriquer de nouveaux appareils.

Retrouvez tous les conseils pour bien acheter et recycler vos appareils connectés.

Prendre soin de son smartphone ou de son ordinateur

Prendre soin de son smartphone ou de son ordinateur, c’est lui donner toutes les chances de durer le plus longtemps possible.

Pour éviter qu’il se casse ou s’use trop vite, il est recommandé de :

  • protéger l’appareil avec une coque, une housse et une protection d’écran ;
  • le mettre à jour régulièrement, dès qu’une nouvelle version du système d’exploitation (Android, iOS) est disponible ;
  • éviter de l’utiliser dans des environnements trop chauds et trop humides ;
  • ne pas le laisser en plein soleil trop longtemps.

Découvrez plus de bons gestes pour prendre soin de votre smartphone ou ordinateur.

Naviguer en limitant son impact

Il est aussi possible de réduire notre impact quand nous naviguons sur Internet avec des bonnes pratiques, souvent méconnues :

  • limiter les partages sur les réseaux sociaux ;
  • éviter de regarder des films et séries en HD ou UHD ;
  • fermer les onglets non utilisés ;
  • trier les mails, supprimer les spams et se désabonner des newsletters inutiles ;
  • limiter les lieux de stockage des données.

FAQ

Quelle est la différence entre numérique et digital ?

Les mots « numérique » et « digital » sont souvent utilisés pour désigner la même chose : l’ensemble des appareils, services ou technologies qui permettent de créer, de stocker et de partager des informations.

Le mot « digital » est repris de l’adjectif anglais digital, qui se traduit par « numérique ». Mais en français, il désigne tout ce qui se rapporte aux doigts. C’est donc l’utilisation du mot « numérique » qui est recommandée en français.

Pourquoi est-ce que le numérique pollue ?

Le numérique a des impacts sur l’environnement. On parle de « pollution numérique ». En France en 2024, il représentait 4,4 % de l’empreinte carbone nationale.

Pour fabriquer les smartphones, les ordinateurs, tablettes et autres équipements, il faut extraire des matières premières et utiliser beaucoup de ressources (eau, énergie).

L’utilisation des appareils, services et technologies numériques consomme aussi de l’électricité et de l’eau, notamment pour le fonctionnement des data centers, où sont stockées les données.

Enfin, les appareils numériques cassés ou en fin de vie sont encore trop souvent jetés ou conservés dans un placard, plutôt que réparés ou recyclés.

Qu’est-ce que la sobriété numérique ?

La sobriété numérique est une démarche qui vise à diminuer l’empreinte écologique du numérique, en l’utilisant de manière plus responsable. Elle désigne donc des pratiques qui permettent de réduire l’empreinte carbone et l’impact environnemental des activités numériques : prolonger la durée de vie des appareils numériques, réduire leurs consommations d’énergie, acheter moins d’appareils et privilégier le reconditionné…

Le cloud est-il écologique ?

Le cloud, qui signifie « nuage » en anglais, peut donner l’impression que les données que nous y enregistrons ne prennent pas de place et n’utilisent pas d’énergie. En réalité, les photos, vidéos et documents sont stockés dans les data centers.

Ces data centers participent à la pollution numérique : ils consomment beaucoup d’électricité pour fonctionner et d’eau pour être refroidis. Plus nous y stockons de données, plus les consommations augmentent. Si vous souhaitez en savoir plus sur le fonctionnement d’un data center, consultez notre article « Comment ça marche un data center ? ».

Idéalement, pour réduire les impacts environnementaux du cloud, il est recommandé de supprimer les fichiers en double ou inutilisés et de faire régulièrement le tri dans son espace personnel sur le cloud.

Est-ce que supprimer mes mails ou limiter le streaming a un vrai impact ?

Oui, mais pas du tout le même. Faire le tri dans sa boîte de réception pour supprimer les mails qui ne sont plus utiles est un bon réflexe pour contribuer à réduire l’empreinte écologique du numérique. Mais limiter le streaming est beaucoup plus efficace.

Par exemple, selon le calculateur de l’ADEME, 7 heures de streaming par semaine émettent autant de gaz à effet de serre qu’un trajet de 101 km en voiture thermique ou 3 allers-retours Paris-Marseille en train. En réduisant l’utilisation du streaming, on réduit d’autant les émissions de gaz à effet de serre associées.

Des gestes simples permettent aussi de réduire l’impact du streaming :

  • télécharger un film ou une série plutôt que de le regarder en ligne ;
  • choisir des résolutions adaptées, par exemple, éviter la HD pour regarder un film ou une série sur un smartphone ;
  • privilégier le Wi-Fi plutôt que les données mobiles pour streamer.