Nourrir 9 milliards d'humains : le défi de demain

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Stephane LEITENBERGER / ADEME

Alors que nous sommes de plus en plus nombreux sur Terre, nous devons également faire face à de nouvelles contraintes sociales, sanitaires et écologiques.

Une population qui augmente

La population mondiale est en constante augmentation : on compte 80 millions de naissances par an avec un taux de natalité très élevé dans les pays les plus pauvres. L’espérance de vie augmente notamment dans ces pays, car le taux de mortalité infantile diminue. Nous sommes aujourd’hui 7 milliards d’habitants sur Terre. Selon les démographes, nous serons 9 milliards en 2050.

Une hausse du niveau de vie associée à un changement des habitudes alimentaires


La hausse du niveau de vie implique une hausse de consommation de nourriture, notamment de viande et de produits animaux. Cela signifie donc plus de pression sur les ressources.
De plus on estime qu’il faut environ 3 calories végétale pour produire 1 calorie de viande blanche et 7 pour une de viande rouge. Il faut donc de plus en plus des terres pour produire les aliments pour les animaux et notamment pour alimenter les bovins. 

Moins de terres cultivables

L’urbanisation croissante participe à la diminution des terres cultivables. De plus en plus de personnes vivent en ville et les villes s’étendent de plus en plus. Par ailleurs, le réchauffement planétaire actuel provoque des changements climatiques dont les conséquences se font déjà ressentir.

Les phénomènes climatiques extrêmes comme les tempêtes et ouragans sont de plus en plus fréquents ; les températures augmentent et les précipitations sont de plus en plus irrégulières. Certaines régions connaissent une sécheresse qui rend la terre difficilement cultivable et les déserts s’étendent de façon irréversible (c’est ce que l’on appelle la désertification). D’autres régions connaissent des périodes de pluies de plus en plus intenses causant des inondations, et détruisant les terres cultivées.

Le réchauffement planétaire entraîne également la fonte des glaciers et une augmentation du volume des océans. Cela a pour conséquence l’élévation du niveau de la mer, réduisant un peu plus la quantité de terres cultivables. On constate également une dégradation de la qualité des sols en raison d’une agriculture inadaptée.

Toutefois, des études montrent qu’une part significative de terres cultivables ne sont pas actuellement exploitées, notamment en Afrique centrale et en Amérique du Sud.

C’est donc davantage la répartition de ces terres (et donc des productions) par rapport aux populations qui risque de poser problème, plus que la ressource elle-même.

 

Un système de production qui montre aujourd’hui ses limites

L’agriculture productiviste (ou intensive) est apparue dans la seconde moitié du XXe siècle, aux États-Unis, puis s’est étendue aux pays du nord. L’objectif était d’augmenter la productivité et les rendements grâce à la mécanisation de l’agriculture, à l’usage d’intrants (pesticides, engrais...) et à la sélection végétale et animale (utilisation d’organismes génétiquement modifiés).

Mais ce système de production a ses limites. Les impacts qu’il génère sur l’environnement et parfois sur la santé humaine sont de plus en plus pris en compte par les décideurs et les consommateurs.

Le cycle de l’eau est modifié de manière importante. L’eau est aussi indispensable pour boire que pour manger car elle est indispensable à la culture, à l’élevage et la fabrication de nombreuses denrées. 

Or, l’eau douce ne représente que 2,5 % des ressources mondiales d’eau (le reste est salé). Les deux tiers de l’eau douce sont sous forme de glace. Il nous reste donc 1 % de l’eau présente sur la planète pour nos activités agricoles, industrielles et nos besoins domestiques.

L’agriculture consomme 70 % de cette eau douce disponible, dont le cycle naturel est alors modifié. L’agriculture productiviste est basée sur une irrigation importante, allant parfois puiser dans des nappes phréatiques qui ont mis des millions d’années à se constituer.

En savoir plus avec notre infographie

Avec l’utilisation d’engrais de synthèse, de pesticides, d’insecticides pour améliorer la productivité, l’agriculture intensive et l’élevage ont participé à l’augmentation de la pollution des eaux. Aujourd’hui, on trouve des résidus de pesticides dans les eaux souterraines, de surface et de pluie !

L’irrigation des terres est pourtant cruciale pour nourrir l’humanité. Il va donc falloir produire plus en utilisant beaucoup moins d’eau.

La mécanisation de l’agriculture est un des éléments qui a permis d’augmenter la productivité depuis la moitié du XXe siècle. Mais pour faire fonctionner les tracteurs, moissonneuses-batteuses, chauffer les serres et les bâtiments d’élevage, il faut de l’énergie. Nous utilisons également beaucoup d’énergie pour fabriquer des engrais qui sont largement utilisés dans l’agriculture.

Aujourd’hui, cette énergie est essentiellement fournie par le pétrole. Or, cette ressource s’épuise…

En savoir plus avec notre infographie

 

Des modes de consommation des pays riches demandant beaucoup de ressources et d’énergie

Les habitudes alimentaires des populations des pays riches demandent beaucoup de ressources et consomment beaucoup d’énergie.

En France, notre alimentation a beaucoup évolué depuis 50 ans. Or ces évolutions des modes d’alimentation ne sont pas sans impact sur l’environnement.

Dans nos sociétés occidentales favorisées par la mondialisation, nous sommes également habitués à pouvoir consommer tous les types d’aliments tout le temps, quelle que soit leur provenance, ce qui n’est pas sans impact sur l’environnement (principalement en termes d’émissions de gaz à effet de serre).

Prenons l’exemple avec les fruits et légumes. Hors saison, les fruits et légumes ont dû pousser sous des serres chauffées ou être importés de loin par bateau ou par avion. Transportés par voie aérienne, ils consomment alors 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit ou légume produit localement en saison.