L'origine de la biomasse et les enjeux de la photosynthèse

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Elle peut être issue des forêts, des milieux marins et aquatiques, des haies, parcs et jardins, des industries générant des co-produits, déchets organiques ou effluents d’élevage. Bref, une source d’énergie tirée de ce qui pousse et de ce qui vit !

La biomasse a plus d’un atout !

D'abord, cette source d'énergie ne risque pas de s'épuiser, comme c'est le cas des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz). En effet, quand la moindre goutte de pétrole met des millions d'années à se former dans le sous-sol, les arbres, eux, fabriquent 81 millions de mètres cubes de bois chaque année rien qu’en France ! 
Mais surtout, elle dégage très peu de gaz à effet de serre. Bien sûr, lorsque des éléments brûlent cela dégage du dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz responsable du réchauffement planétaire. Mais à la différence du charbon ou du pétrole, elle n'émet pas que du CO2, elle en stocke aussi… en poussant !

Les plantes sont en effet les plus efficaces des usines chimiques, dont les scientifiques rêvent de reproduire la machinerie parfaite depuis des décennies… Elles sont capables de transformer le dioxyde de carbone de l'air, la lumière du soleil, et l'eau en énergie et en oxygène grâce à une réaction chimique : la photosynthèse.

Ce mécanisme permet aux plantes de grandir, mais également participe au quotidien à lutter contre le réchauffement en fixant le carbone et en rendant l'air respirable grâce à la production d’oxygène (O2). Par exemple, chaque tonne de bois poussée équivaut ainsi à 0,5 tonne de dioxyde de carbone séquestré. En France métropolitaine, la forêt séquestre tous les ans 87 millions de tonnes de CO2. C'est l'équivalent d’environ 19 % des émissions de gas à effet de serre annuelles françaises. Il y est stocké pour 50 à 100 ans ! Les forêts sont donc aujourd’hui un des principaux puits de carbone en France.

Ainsi, grâce à la photosynthèse, lorsque l'on brûle de la biomasse et tant que l'on ne dépasse pas son accroissement naturel, la ressource est préservée. En effet, la combustion restitue la même quantité de dioxyde de carbone qui a été absorbée durant la croissance de la plante. Emission et absorption de CO2 sont donc très proches dans le temps ce qui permet un bilan équilibré et un impact sur l’environnement presque nul. Ce qui n’est pas le cas pour les énergies fossiles car le carbone est relâché plusieurs centaines de millions d'années après son absorption…

Schéma « Le cycle du carbone »

Télécharger le descriptif détaillé du schéma (PDF - 124.89 Ko)

 

Le bois constitue une source importante de biomasse. En France, la récolte annuelle de bois est inférieure à la production biologique de la forêt (on ne récolte au plus que 60 % environ de ce qui pousse chaque année).

L'utilisation de 4 tonnes de bois comme énergie permet d'économiser 1 tonne équivalent pétrole (c'est-à-dire la chaleur que produirait la combustion d’une tonne de pétrole) et d'éviter l'émission de 1,5 à 2,5 tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

En France, la Stratégie Nationale Bas-Carbone 2020 reconnaît la contribution de la forêt à la réduction des émissions de gaz à effet de serre « en tant que puits de carbone, ainsi que par la production de matériaux biosourcés pouvant se substituer à des matériaux émetteurs, et par la production de biomasse ».

Pourquoi dit-on que la déforestation augmente les émissions de gaz à effet de serre ?

La déforestation n’émet pas de gaz à effet de serre à proprement parler ; il est plus juste de dire que la déforestation participe à l’augmentation des gaz à effet de serre.

En effet, si les forêts sont moins nombreuses, le rôle qu’elles jouent dans la régulation du climat (absorber le dioxyde de carbone (CO2) pour rejeter de l’oxygène (O2)) n’est plus respecté. Ainsi, plus on coupe d’arbres, moins la quantité de CO2 qu’ils peuvent absorber sera importante. C’est pour cela qu’on dit que la déforestation contribue à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.