Les conséquences du changement climatiques dû à son dérèglement

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Philippe Hallé / Pack shot

Depuis 1870, notre planète s’est déjà réchauffée en moyenne de 0,85 °C. Selon les scientifiques, le réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1° à 6, 4° C d’ici 2100. Nos ancêtres n’ont rien connu d’aussi rapide ! Mais ne pensez pas qu’une élévation de la température veut dire qu’il va simplement faire un peu plus chaud partout. Il y a de nombreuses conséquences à ce changement climatique, qui entraîne des bouleversements en chaîne.

Selon la synthèse du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les effets du changement climatique très probables sont :

  • une hausse du niveau des mers plus importante que ce qui était prévu dans les analyses antérieures ;
  • des événements climatiques extrêmes (sécheresses, pluies diluviennes, tempêtes, etc.) plus violents et plus fréquents ;
  • une hausse des températures moyennes supérieure à 2 °C d’ici 2100 si on ne suit pas les trajectoires du scénario le plus ambitieux (pour atteindre cet objectif, les émissions totales cumulées ne devront pas dépasser une fourchette de 1 000 à 1 500 gigatonnes de carbone d’ici 2100).

Le niveau des océans s’élève

La hausse moyenne des températures est une des conséquences du changement climatique. Cela provoque une fonte des glaces continentales (glaciers, icebergs, etc.). Le volume de glace fondue vient s’ajouter à celui de l’océan, ce qui entraîne une élévation du niveau des mers. En revanche, lorsque ce sont des glaces d’eau de mer qui fondent (banquise), cela n’a pas d’impact sur le niveau moyen des océans.

Dans l’océan Arctique, les satellites ont mesuré que depuis 1978, les glaces diminuent en moyenne de 2,7 % par décennie. À cela s’ajoute l’eau issue de la fonte des glaces continentales.

Entre 1870 et 2000, le dérèglement climatique a entraîné une hausse du niveau des océans de 18 cm en moyenne, dont 6 cm au cours des 20 dernières années ! C’est énorme ! Les experts du GIEC estiment que le niveau des mers pourrait augmenter de 82 cm d’ici 2100. 

Les océans deviennent de plus en plus acides

L’océan absorbe naturellement du gaz carbonique. On dit qu’il fixe le carbone. Mais il a ses limites ! Ce gaz carbonique, en excès dans les océans, acidifie le milieu sous-marin (son pH est passé de 8,25 à 8,14 depuis le milieu du XVIIe siècle). Une acidification trop importante des eaux marines peut provoquer la disparition de certaines espèces, notamment des végétaux et des animaux tels que les huîtres ou les coraux.

Le cycle de l’eau s’emballe

Lorsque les températures augmentent, l’eau s’évapore davantage, ce qui modifie le régime des pluies dans certaines régions. Alors que les précipitations ont augmenté, entre 1900 et 2005, dans les parties orientales d’Amérique du Nord et du Sud, en Europe du Nord et en Asie du Nord et Centrale, le volume de pluie a considérablement diminué dans d’autres régions. Dans ces zones, le dérèglement climatique a engendré des épisodes de sécheresses plus importants et plus fréquents d’auparavant. 

En effet, lors de pluies violentes, les sols ne peuvent pas fixer l’eau. Elle s’écoule alors directement vers les cours d’eau plutôt que de s’infiltrer. Les nappes d’eau souterraines peinent alors à se reconstituer.


Le réchauffement planétaire entraîne d’autres dérèglements tels que le dérèglement des saisons et le déplacement des masses d’air qui pourraient, à long terme, accroître le nombre d’événements climatiques extrêmes.

Les phénomènes météorologiques extrêmes s’amplifient

Une autre conséquence du changement climatique, c’est l’amplification des tempêtes, ouragans, cyclones, inondations, canicules, sécheresses

Cependant, il y a moins de certitudes sur les sécheresses observées et les cyclones tropicaux. En effet, selon le GIEC, il est difficile de comparer des différents types de sécheresse c’est pourquoi le niveau de confiance quant à l’augmentation des sécheresses lors des dernières décennies est plus faible que lors du 4e rapport.

Par ailleurs, le GIEC est « pratiquement » certain que les événements pluvieux qui auront lieu seront plus intenses.

Les plantes, sauvages ou cultivées, connaîtront un chamboulement écologique

Beaucoup d’entre elles ne supporteront pas les nouvelles conditions climatiques et l’agriculture devra s’adapter en choisissant des espèces précoces. Les animaux aussi devront migrer ou s’adapter rapidement à ce dérèglement climatique.

Les conditions de vie de certaines populations seront fortement bouleversées

En raison de la montée des eaux, des famines ou encore des tempêtes, de nombreuses personnes seront contraintes, pour s’adapter au dérèglement climatique, de quitter leur maison ou leur pays !

Le changement climatique a aussi des conséquences économiques telles que des tensions autour de l’accès à l’eau ou à la nourriture, des problèmes de santé publique, des risques de conflits, etc.

Certaines activités humaines seront directement impactées

Dans les décennies à venir, le changement climatique aura des conséquences sur la production agricole, qui sera moindre (– 2 % tous les 10 ans au XXIe siècle) et fluctuera d’une année sur l’autre. À cause de la montée des eaux, certaines terres côtières ne seront plus cultivables. Tout cela  risque d’entrainer une hausse des prix des denrées alimentaires, de réduire la sécurité des approvisionnements voire de déclencher des tensions liées à l’accès à la nourriture.

 


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