Nourrir les humains aujourd'hui

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La question de l’alimentation des populations ne se pose pas de façon uniforme. Car à travers le monde, nos modes de production et de consommation sont différents.

Des productions adaptées aux climats

La diversité de production à travers la planète s’explique d’abord par la différence des climats en fonction des zones géographiques. On ne cultive pas les mêmes choses (et pas avec la même facilité) si l’on est dans un pays à climat tempéré ou dans un pays à climat tropical ou désertique.

Les pays à climat tempéré, comme la France, bénéficient de conditions privilégiées pour l’agriculture (pluies régulières, ensoleillement) qui permettent une grande diversité de cultures.

Par exemple, les pays à climat désertique (Pérou, Congo, Yémen…) aux conditions plus rudes (pas de précipitations pendant des mois avec un ensoleillement très important pendant la saison sèche) n’ont pas les mêmes possibilités et diversités de cultures. Elles se limitent à une culture des légumineuses (pois, haricots, lentilles, arachide, soja, etc.), de tubercules (pommes de terre, igname, tapioca, manioc...) et les racines (carottes, radis, rutabaga, salsifis, etc.).

Un accès inégal aux technologies

Tous les agriculteurs ne sont pas équipés de la même façon pour produire des ressources, d’où un rendement différent.

Depuis la Révolution industrielle, l’écart de productivité s’est accru. Au XIXe siècle, l’écart entre un agriculteur français et un agriculteur du Burkina Faso était compris entre 1 et 10. Aujourd’hui, il est de 1 à 500, voire 1 000. Cela s’explique par l’inégalité de l’accès aux technologies (mécanisation, chimie).

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Tous les humains n’ont pas accès aux mêmes aliments

Aujourd’hui, la Terre compte 7 milliards d’individus, dont 690 millions souffrent de la faim. L’accès à la nourriture est inégal et se nourrir est un problème bien différent selon le pays dans lequel on se trouve.

Pas la même qualité

Si la différence est notable au niveau quantitatif, elle l’est aussi au niveau qualitatif. En effet, les habitants des pays riches ont généralement accès à un régime alimentaire plus diversifié, riche et équilibré que les habitants des pays pauvres. Même si une alimentation équilibrée n’est pas le seul facteur pour une espérance de vie élevée, elle y participe fortement.

Pourquoi une telle différence d’alimentation ?

Ces différences sont principalement engendrées par les inégalités de revenus des populations. Il y a de grandes disparités entre les pays, selon la tranche de revenus dans laquelle ils se situent, pour ce qui est des disponibilités alimentaires par habitant pour différents groupes d’aliments. Les pays à faible revenu comptent davantage sur les aliments de base et moins sur les fruits et légumes et sur les aliments d’origine animale que les pays à revenu élevé.

Le paradoxe du XXIe siècle : des personnes qui ont faim malgré des ressources suffisantes

Alors que la mécanisation et l’arrivée de la chimie dans l’agriculture ont permis d’augmenter les rendements agricoles au cours du XXe siècle, cela n’a pas réglé le problème des famines dans le monde. Le fait que certaines populations n’arrivent pas à manger à leur faim n’est pas dû à un manque de ressources, mais à une mauvaise répartition de celles-ci.

Si les productions étaient également réparties entre tous les habitants, aujourd’hui, la planète aurait assez de ressources pour tous les nourrir. Selon Sylvie Brunel, géographe et économiste, « le problème de la faim est donc plus un problème de pauvreté et de répartition que de déficit de la production elle-même ».