COP 15 : la conférence de Copenhague

Copenhague, tu le sais, est la capitale du Danemark. Mais du 7 au 18 décembre 2009, elle a été aussi la capitale mondiale du climat. Les représentants de près de 200 pays membres des Nations Unies (ONU) s’y sont réunis afin de trouver un accord, succédant au protocole de Kyoto, pour lutter contre le réchauffement planétaire responsable des changements climatiques. Voir la vidéo "Tous mobilisés".

Cette conférence était largement attendue pour prendre des mesures significatives. Qu’en est-il ressorti et quel bilan pouvons-nous dresser ?

Derrière les images, le changement climatique

 

 

 

 

A travers le monde, les transports sont en évolution constante

A travers le monde, les transports sont en évolution constante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'accord de Copenhague prévoit des mesures pour limiter la déforestation.

La déforestation accentue le phénomène du changement climatique.

 

 

 

 

 En Afrique, près de 500 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité En Afrique, près de 500 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité.

 

 

 


 

 

 

 

Une mobilisation générale pour Copenhague

Urgence climat

Regardons en détail les points qui ont été examinés par les 193 pays et les engagements qu’ils ont pris pour freiner le réchauffement climatique.

+ La réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)

  • Pourquoi ça va aider ?
    Les gaz à effet de serre émis par les activités humaines augmentent l’effet de serre naturel de la planète. C’est donc la mesure la plus efficace. Aujourd’hui 80 % de GES d’origine humaine sont émis par une quinzaine de pays seulement (dont la France). Pour limiter le réchauffement, ces pays doivent réduire fortement leurs émissions de GES.
  • Les mesures prises à Copenhague
    Pour beaucoup, les engagements pris en termes de réduction d’émission de GES à Copenhague ne sont pas suffisants. Ceux de la Chine et des Etats-Unis, les 2 plus grands émetteurs, étaient très attendus. Mais ils ont refusé de se voir imposer des quotas d’émission, échappant ainsi à tout objectif contraignant.
    - Les Etats-Unis, qui émettent près du quart des GES mondiaux, n’avaient pas ratifié le protocole de Kyoto. Lors de Copenhague, ils ont pris l’engagement de réduire leurs émissions de CO2 de 17 % d'ici 2020 par rapport à celles de 2005. Ce serait la première réduction de l'histoire du pays. Cet engagement doit encore être validé par le Congrès américain (équivalent de notre Parlement) pour être mis en application.
    - La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, a proposé de réduire de 40 à 45 % son intensité carbonique (quantité de CO2 émis par unité de produit intérieur brut (PIB)) d’ici 2020 par rapport à 2005. Mais, compte tenu de sa croissance, cet effort pourrait signifier un doublement des émissions chinoises en 2020 par rapport à 2005. De plus, la Chine s’est engagée sous réserve que les pays riches aident les pays en développement et elle s’est opposée à la mise en place de mesures de vérification de l'application de l'accord.

    L’Union Européenne, quant à elle, avait comme ambition de fixer un objectif de réduction de 30 % des émissions de GES d’ici 2020 par rapport à 1990 (contre 20 % fixés dans le protocole de Kyoto). Mais cet objectif n’a pas été tenu.

    Faute d’un accord clair, c’était à chaque pays industrialisé de fixer avant le 31 janvier 2010 ses ambitions de réduction d’émission de GES pour 2020.
    Cependant, aucune mesure contraignante n’ayant été prévue, il a fallu s’en remettre à la bonne volonté des différents pays.

Etats-Unis
17 % par rapport à 2005 (équivalent à 4 % de réduction par rapport à 1990)
Canada
17 % par rapport à 2005
Chine
40 à 45 % son intensité carbonique (quantité de CO2 émis par unité de produit intérieur brut (PIB)) d’ici 2020 par rapport à 2005
Inde
20 à 25 % par rapport à 2005
Brésil
36 à 39 % par rapport au niveau actuel (soit 20 % par rapport à 2005) principalement à travers la lutte contre la déforestation
Japon
25 % par rapport à 1990
Australie
5 % par rapport à 2000
Union Européenne
20 % par rapport à 1990

Tableau récapitulatif des objectifs de réduction de gaz à effet de serre
des principaux pays d’ici 2020 (source : Novethic)

+ La lutte contre la déforestation

  • Pourquoi ça va aider ?
    Les arbres sont les « poumons » de la Terre grâce au phénomène de la photosynthèse. Au cours de leur croissance, ils absorbent du gaz carbonique qu’ils stockent dans le bois et rejettent de l’oxygène dans l’air. Mais dans les régions tropicales, les forêts sont massivement abattues pour leur bois ou pour mettre le sol en culture. Ainsi, lutter contre la déforestation, replanter des arbres, gérer durablement les forêts, c’est créer des puits de carbone et donc limiter la quantité de CO2 dans l’atmosphère.
  • Les mesures prises à Copenhague
    L’accord de Copenhague prévoit d’allouer des fonds pour limiter la déforestation.

+ L’aide aux pays en développement

  • Pourquoi ça va aider ?
    Même si les pays industrialisés réduisent leurs émissions de GES sur leur territoire, cela ne suffira pas à limiter le réchauffement climatique. Les pays émergents tels que la Chine sont également devenus de gros émetteur de GES. Les pays industrialisés doivent donc aider tous les pays émergents ou en développement à utiliser des technologies moins polluantes qui permettent d’atténuer les effets des changements climatiques et qui malgré tout n’altèrent pas leur croissance économique et le développement de ces sociétés.

+ L’aide aux victimes

  • Pourquoi ça va aider ?
    Les GES ne connaissent pas de frontière. Tous les pays sont concernés par les changements climatiques. Mais les pays les plus pauvres, souvent frappés plus durement, ont plus de mal à s’adapter aux sécheresses, aux tempêtes et à la montée du niveau de la mer. Les pays industrialisés en partie responsables du réchauffement doivent donc également les aider à s’adapter.
  • Les mesures prises à Copenhague
    L’accord prévoit la création d'un fonds spécial par les pays développés à hauteur de 30 milliards de dollars à court terme pour 2010, 2011 et 2012, qui monterait ensuite à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020. Ce fonds sera destiné en priorité aux pays les plus vulnérables.

 

Un résultat plutôt décevant
Pour beaucoup de politiques et d’ONG, la conférence de Copenhague n’a pas répondu aux attentes. Ils dénoncent l’adoption d’un accord « minimum » peu contraignant et qui n’a même pas été adopté en plénière par les 193 pays représentés au sein des Nations Unies.
En effet, même si l’accord établit clairement l’objectif de limiter à 2°C
(voire 1,5°C)
l’augmentation des températures mondiales, il n'est pas juridiquement contraignant et n’oblige pas les Etats à mettre en place des mesures pour y parvenir. Les pays ont simplement été "invités" à signer ce nouvel accord. Mais sans mesure contraignante, aucune participation mondiale n'est garantie. Il n'impose pas non plus aux Etats de mettre en place un traité pour prendre le relais du protocole de Kyoto, qui expirera pourtant en 2012.

De plus, les objectifs de réduire de 50 % les émissions mondiales de GES d’ici 2050 ainsi que la création d’une organisation mondiale de l’environnement n’ont pas été retenues.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer ?
La déclaration de Copenhague ne fixe pas de calendrier pour obtenir un traité ou autre document contraignant sur le climat. Les pays européens et de nombreux pays en voie de développement espéraient au moins mentionner la conférence ministérielle annuelle suivante (la conférence de Mexico du 29 novembre au 10 décembre 2010) comme date butoir. Avant Mexico, Bonn, siège du secrétariat de la Convention de l'ONU sur le climat, accueillera du 31 mai au 11 juin une réunion d'étape.

Comme le déclare le délégué du Soudan Lumumba Stanislas Dia-Ping : "Pour l'instant, l'accord est une simple idée. Si un seul pays refuse ce texte, il n'y aura pas d'accord. La partie n'est pas finie... Nous pensons qu'il est encore possible de corriger tout ça par la négociation dans les 6 ou 12 mois à venir".
Il faudra donc compter sur 2010 pour voir se mettre en place des mesures et des objectifs précis.

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) a exposé pendant le sommet de Copenhague sur les façades des monuments de la capitale danoise une série de photos : « Le climat change la vie des gens »