Les sols menacés par les activités humaines

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Olivier SEBART / ADEME

Le sol est une ressource très faiblement renouvelable au sens où sa dégradation peut être rapide (quelques années ou décennies) alors qu’il lui faut plusieurs milliers d’années pour se former et se régénérer.

Or, ce dernier siècle a été particulièrement destructeur pour les sols. Les diverses activités humaines (de l’agriculture aux industries) ont appauvri les sols en matières organiques, en éléments minéraux, les ont transformés, pollués...

 

L’agriculture

L’agriculture est la première utilisatrice des sols. Aujourd'hui, 12 % des terres émergées dans le monde sont cultivées.

Pendant longtemps, les hommes se sont adaptés au sol et aux climats pour cultiver ce dont ils avaient besoin. Les cycles naturels des végétaux étaient respectés, ainsi que la qualité des sols.

Le développement d’une agriculture plus intensive, même si elle a permis d’accroître les productions vivrières, a contribué à la pollution des sols notamment suite à l’usage intensif d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires pour lutter contre les mauvaises herbes et les parasites. Ces produits contiennent des éléments qui ne sont pas tous dégradables. Ils peuvent donc rester dans le sol ou être entraînés par la pluie vers les nappes phréatiques ou les rivières ou être transférés vers les plantes, les animaux et l’homme.

L’agriculture peut aussi agresser le sol en provoquant son tassement par le passage d’engins de plus en plus lourds. Le sol compacté ne laisse passer ni l’eau, ni l’air et la faune des recycleurs du sol (par exemple, les vers de terre) diminue.

Le sol laissé nu une bonne partie de l’année voit une part non négligeable de ses éléments fertiles emportés par l’eau (érosion hydrique) ou le vent (érosion éolienne), cette dernière étant peu fréquente en France. En cas de tempêtes ou de fortes pluies, c’est plusieurs dizaines de tonnes de sol par hectare et par an qui peuvent disparaître et être entraînés vers les cours d’eau qu’ils rendent boueux.

La baisse de la qualité des sols peut donc induire une baisse des rendements des récoltes et de leur qualité nutritive.

 

Les autres activités humaines responsables de la dégradation du sol

Les autres causes de pollutions ou de dégradations des sols dues aux activités humaines sont : 

  • la mise en décharge de déchets et l’épandage de déchets notamment les boues de stations d’épuration (sites permettant de traiter les eaux usées) et les composts urbains, qui contaminaient les sols avant l’instauration de réglementations contraignantes, 
  • les rejets de polluants organiques et de métaux par les sites industriels, anciens ou actuels, ou par les véhicules (gaz d’échappement des voitures, des camions…),
  • l’érosion accélérée due à la perte de couverture végétale par exemple en cas de déforestation ou incendie de forêts, qui se traduit par une dégradation et une transformation du relief,
  • l’imperméabilisation, due à la construction de routes, d’entrepôts, d’habitations qui couvrent le sol et le condamnent à mort,
  • la mise en culture de prairies et de forêts, le labour et la moindre restitution des résidus de culture (pailles…) qui diminuent la biodiversité et les matières organiques contenues dans les sols.

Toutes ces menaces affectent les diverses fonctions du sol, notamment celles qui sont primordiales pour la santé humaine, comme la production alimentaire, ou encore la filtration et le stockage des eaux souterraines, principale source d’eau potable.

D’après diverses sources dont la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), on estime que près de la moitié des sols du monde sont déjà dégradés en conséquence des activités humaines, phénomène qui s’accentue et qui pourrait s’aggraver avec les changements climatiques.

 


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