Le tourisme durable, c’est quoi ?

Updated on juin 2017

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Tourisme durable
© Laurent Mignaux - Terra

Découvrir le monde, partir en week-end prolongé, nous sommes de plus en plus nombreux à aimer voyager.

Mais nos déplacements, la modification des paysages, les pollutions engendrées par le tourisme… posent problème.

L’année 2017 a été proclamée par les Nations unies « Année internationale du tourisme durable pour le développement ». 

 

La montagne en danger ?

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Laurent Mignaux - Terra

L’impact des sports d’hiver sur l’environnement

Chaque hiver, dans toute l’Europe, des millions de touristes viennent profiter des régions montagneuses enneigées. Les stations sont envahies par des skieurs impatients de dévaler les pistes et heureux de finir la journée près de la cheminée en buvant un chocolat chaud.


Pourtant, l’industrie des sports d’hiver n’est pas sans impact sur les écosystèmes naturels. Ce sont quelques centaines de kilomètres de routes que parcourent les voyageurs pour se rendre au sommet. Des milliers de kilomètres de rampes, de télésièges et de neiges artificielles qui sont déployés chaque hiver pour assurer aux visiteurs un séjour sans fausses notes. Des installations imposantes auxquelles viennent s’ajouter les effets néfastes du changement climatique sur la montagne.

 


La montagne déjà touchée par le changement climatique !

Le marché des sports d’hiver est un secteur dépendant de son environnement. Il a besoin de conditions météorologiques favorables : de la neige !!!

Le réchauffement planétaire modifie le régime des pluies (et de la neige) et le rythme des saisons.


Depuis quelques années, dans de nombreux massifs, la neige se fait attendre. Les vacances de Noël permettent encore de belles balades… sans raquettes, mais pas toujours de dévaler les pistes de ski…


Les stations de sports d’hiver font face à un véritable défi écologique.


Le réchauffement des températures est beaucoup plus marqué en altitude. La hausse des températures pourrait augmenter le nombre d’hivers sans neige dans les années à venir, surtout dans les stations de moyenne altitude.


En plus des glaciers qui fondent, les sommets de granit sont fragilisés par l’érosion. Ils se cassent et provoquent régulièrement des éboulements.

 

Des solutions pour sauver l’activité touristique en hiver pas toujours très écologiques


Pour rendre les stations attractives et confortables pour les touristes, et combler les éventuelles fermetures de pistes, de plus en plus de stations investissent dans des projets d’aménagement et des pistes équipées de canons à neige. D’autres s’attaquent au modelage du relief naturel ou à la création de lacs artificiels qui leur servira de réserve d’eau pour faire fonctionner les canons à neige.


Pour satisfaire les envies des touristes, les stations diversifient les activités comme les commerces, magasins, centres commerciaux et restaurants ou les centres de soins, piscines chauffées, spas et hammams.


Ces pratiques ont des conséquences et des coûts considérables pour l’équilibre écologique de la montagne. Une réflexion émerge actuellement pour limiter les impacts de l’activité des sports d’hiver sur l’environnement et envisager l’avenir du tourisme plus durable en montagne.


Comment fabrique-t-on la neige artificielle

Pour fabriquer de la neige artificielle, il faut mélanger de l’air avec de l’eau. Les canons à neige se chargent de pulvériser de fines gouttelettes d’eau refroidie qui une fois dans l’air se transforment en petits grains de neige artificielle. La congélation de l’eau peut se faire entre -6 et -10 °C. Si les températures ne sont pas assez froides, alors des additifs sont ajoutés à l’eau pour favoriser le processus de congélation.


La production de neige nécessite des équipements importants gros consommateurs d’eau et d’énergie.

 

Des stations plus responsables

On voit aujourd’hui s’agrandir le nombre de stations qui s’engagent à réduire leurs impacts écologiques en développant des initiatives de développement durable en montagne.


L’Ecoguide réalisé par l’association Mountain Riders réalise depuis 2006 un état des lieux des destinations de montagne dans lesquelles des actions sont engagées sur les questions environnementales et sociales.

Aussi, pour développer le tourisme durable, l’association Mountain Riders a créé le label Flocon vert. Un label qui garantit l’engagement des destinations touristiques de montagne pour le développement durable.

À ce jour, 31 critères doivent être remplis pour qu’une station puisse être labellisée Flocon Vert. Huit domaines sont concernés : le territoire, le social, l’aménagement, l’énergie, le transport, l’eau, les déchets.

 


Voici plusieurs exemples de ce qui peut être fait par les stations labélisées flocon vert.


L'aménagement :

  • privilégier l’entretien et la rénovation d’un habitat plutôt que d’en construire de nouveaux ;
  • limiter les impacts environnementaux des bâtiments en obtenant la certification Haute qualité environnementale (HQE) ;
  • un bon aménagement et bonne gestion des pistes grâce à des campagnes de sensibilisation sur l’environnement et l’installation de poubelles sur le domaine ;
  • installer des remontées mécaniques qui s’intègrent le mieux possible dans le paysage naturel ;
  • opter pour les forfaits électroniques.
     

L'eau :

  • installation d’un système de traitement des eaux usées ;
  • récupération de l’eau de pluie et la revaloriser ;
  • prévention contre le gaspillage et éco-consommation de l’eau c’est-à-dire réduction et optimisation de la consommation.
     

Le social :

  • éducation et sensibilisation des jeunes étudiants sur les thématiques environnementales avec par exemple des programmes de volontariat ;
  • assurer un espace accueil et conseil dans la station ;
  • améliorer les conditions de logement et de vie du personnel saisonnier ;
  • assurer des équipements adéquats pour accueillir les personnes à mobilité réduite, logement, transport, moniteurs de ski formés au handiski, etc.
     

L'énergie

  • favoriser les fournisseurs d’énergie verte issue des énergies renouvelables ;
  • chauffer les bâtiments publics avec le chauffage au bois local ;
  • équiper les stations de système solaire photovoltaïque et autre système d’énergies renouvelables ;
  • développer des systèmes de récupération de chaleur pour faire fonctionner des activités comme les remontées mécaniques, piscines et patinoires.
     

Le transport :

  • privilégier les transports en commun pour accéder à la station en assurant un système de bus ou navette gratuite. Également, dans la station avec un réseau de transport pour se déplacer simplement sans utiliser son véhicule ;
  • favoriser les transports en commun plutôt que la voiture qui est peu utilisée pendant le séjour au ski. (Sans compter les inconvénients de mettre les chaines, les pare-brise gelés) ;
  • inciter au covoiturage, mettre en place une application ou une plateforme permettant aux voyageurs de se regrouper pour monter aux stations et échapper au manque de place dans les parkings. Encourager les voitures pleines ;
  • proposer des formules en pack avec un tarif préférentiel intégrant : accès transport + forfait ;
  • opter pour une station piétonne ou les luges remplacent les autres modes de transports.
     

Les déchets :

  • installer des espaces de tri sélectif dans la station et/ou dans les résidences locales ;
  • investir dans l’installation d’une déchèterie ;
  • sensibiliser au compostage ;
  • assurer le ramassage des déchets sur les pistes.
     

Le territoire :

  • mise en place d’actions locales et globales pour mesurer et réduire les émissions de Gaz à effet de serre (GES) ;
  • respecter les espaces protégés ;
  • valoriser les hébergeurs responsables et engagés dans les démarches de développement durable comme ceux titulaires de l’Écolabel européen ;
  • préférer la consommation de produits locaux et l’artisanat.

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