L’agriculture s’invite en ville

Paru en mai 2017

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L’augmentation de la population mondiale combinée à une urbanisation croissante pose le constat d’un besoin plus important en nourriture. La réponse la plus simple serait de dire qu’il suffit d’augmenter la surface des terres agricoles. Cependant 80 % d’entre elles sont déjà surexploitées. Raser les forêts pour en faire des terres cultivables ? Les forêts sont le poumon de notre Terre, sans elles nous manqueront d’oxygène.

En 2015, 60 % des 7,4 milliards d’habitants sur Terre, vit en zone urbaine et ils seront 80% en 2050. En France, 75 % de la population habite en ville.

Les citoyens veulent pouvoir consommer des produits locaux de qualité dont ils connaissent l’origine et qui ne soient pas issus d’une production intensive nocive pour la nature et leur santé.

Des solutions très modernes se développent, on connait le grand succès des ventes directes du producteur au consommateur. On voit apparaitre une nouvelle forme de culture qui se développe en ville, c’est l’agriculture urbaine.

Des cultures sur les murs et sur les toits

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La ferme verticale

Au Japon par exemple, le pays dispose d’une surface agricole 6 fois plus petite que la France. Par manque de place la solution pour nourrir sa population a été d’imaginer des espaces cultivables sur plusieurs étages. Ce sont des fermes verticales.

Les produits sont disposés en rangées superposées ce qui provoque de l’ombre pour les plantes qui sans lumière meurent ! C’est pourquoi les fermes verticales utilisent de la lumière artificielle qui permet à la production de ne pas dépendre des aléas climatiques ni de la tombée de la nuit. Selon les promoteurs de ce type de fermes, les produits pousseraient deux à quatre fois plus vite que dans un champ traditionnel et comme il n’y a pas d’insectes, il n'y aurait a priori pas besoin de pesticides. 
 

Le toit cultivé

Les toits de nos logements, de nos écoles, de nos piscines ou de nos bibliothèques cachent d‘importantes surfaces inexploitées. En ville, ces espaces sont de plus en plus utilisés pour accueillir la biodiversité. Réunis ensemble, les systèmes de culture innovants comme la culture dans des bacs, l’hydroponie, l’aquaponie, les serres, les ruches et vergers sont bien adaptés pour être installés sur les toits.

La consommation des produits est généralement très locale et permet de fournir les restaurants à proximité, ou les salariés travaillant dans le bâtiment. De nouvelles réglementations en France veulent rendre obligatoire un toit ou un mur végétalisé pour les nouveaux bâtiments. Avec un toit végétal, l’isolation thermique et la protection des toits contre la neige et le vent est bien assurée. Bale en Suisse est la capitale mondiale des toits végétalisés.

 

Mur végétal

 

La permaculture

L’agriculture moderne cherche à ne plus appauvrir ni polluer la terre. Il existe des alternatives à l’agriculture intensive, on parle par exemple de permaculture. L’esprit de la permaculture est l’harmonie et la collaboration entre tous les éléments d’un écosystème, toutes les espèces animales et végétales y compris les êtres humains. En France, la ferme du Bec Hellouin est une référence de ce nouveau type d’agriculture.

Sa particularité ?

Cette agriculture s’attache à imiter ce qui se fait naturellement dans la nature. Une autonomie de fonctionnement et une consommation zéro en énergie fossile. Un maximum de biodiversité grâce à un mélange des espèces. Pas de pesticides ni d’engrais chimiques et une utilisation pratiquement nulle des appareils fonctionnant au pétrole. La permaculture est en fait la reproduction du cycle de vie naturel d’un écosystème dans lequel rien ne se perd car tout est réutilisé et la notion de déchet n’existe pas. (Avez-vous déjà vu des déchets dans la nature autres que ceux jetés par l’Homme ?).


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