Comment nourrir 9 milliards d'hommes en 2050 ?

Paru en novembre 2014

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Philippe Hallé / Pack shot

Tout ce que nous mangeons est issu de la terre et l'agriculture a toujours été un enjeu majeur pour l'humanité.

Pourquoi existe-t-il une aussi grande différence d'accès à l'alimentation entre les différents pays ? Et comment réussir à nourrir 9 milliards d'hommes en 2050 ?

M ta Terre examine dans ce dossier nos modes actuels de production et de consommation pour identifier les problèmes rencontrés et envisager des solutions.

Nourrir les hommes aujourd'hui

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La question de l’alimentation des hommes ne se pose pas de façon uniforme. Car à travers le monde, nos modes de production et de consommation sont différents.

 

Des productions adaptées aux climats

La diversité de production à travers la planète s'explique d'abord par la différence des climats en fonction des zones géographiques. On ne cultive pas les mêmes choses (et pas avec la même facilité) si l'on est dans un pays à climat tempéré ou dans un pays à climat tropical.

Les pays à climat tempéré, comme la France, bénéficient de conditions privilégiées pour l'agriculture (pluies régulières, ensoleillement) qui permettent une grande diversité de cultures.

Les pays à climat tropical (Indonésie, bassin d'Amazone, Congo...) aux conditions plus rudes (pas de précipitations pendant des mois avec un ensoleillement très important pendant la saison sèche) n'ont pas les mêmes possibilités et diversités de cultures. Elles se limitent à une culture des légumineuses (pois, haricots, lentilles, arachide, soja...), de tubercules (pommes de terre, igname, tapioca, manioc...) et les racines (carottes, radis, rutabaga, salsifis...).

 

Un accès inégal aux technologies

Tous les agriculteurs ne sont pas équipés de la même façon pour produire des ressources, d'où un rendement différent.

Depuis la Révolution Industrielle, l'écart de productivité s'est accru. Au 19e siècle, l'écart entre un agriculteur français et un agriculteur du Burkina Faso était compris entre 1 et 10. Aujourd'hui, il est de 1 à 500, voire 1 000. Cela s'explique par l'inégalité de l'accès aux technologies (mécanisation, chimie).

 

Tous les hommes n'ont pas accès aux mêmes aliments

Pas la même quantité

Aujourd'hui, la Terre compte 7 milliards d'individus, dont 1 milliard souffrent de la faim. L'accès à la nourriture est inégal et se nourrir est un problème bien différent selon le pays dans lequel on se trouve. Alors que les nutritionnistes recommandent de consommer 2 600 kcal/jour, les habitants des pays industrialisés consomment autour de 3 380 kcal/jour, alors que ceux de l'Afrique subsaharienne absorbent autour de 2 195 kcal/jour. (source : Nourrir l'humanité, Bruno Parmentier).

Pas la même qualité

Si la différence est notable au niveau quantitatif, elle l'est aussi au niveau qualitatif. En effet, les habitants des pays riches ont un régime alimentaire plus diversifié, riche et équilibré que les pays pauvres. Nous avons à notre disposition des denrées indispensables à notre organisme qui sont parfois difficiles à trouver dans les pays pauvres (viandes, laitages, sucres...). Même si une alimentation équilibrée n'est pas le seul facteur pour une espérance de vie élevée, elle y participe fortement.

Pourquoi une telle différence d'alimentation ?

Ces différences sont principalement engendrées par les inégalités de revenus des populations. En effet, les protéines animales sont les plus coûteuses à produire car il faut nourrir les animaux pendant plusieurs mois, voire plusieurs années avant de pouvoir bénéficier de leur viande. Cela coûte donc plus cher d'avoir un régime alimentaire diversifié que de ne manger que des céréales, qui sont plus abondantes et plus rapidement consommables.

Le paradoxe du XXIe siècle : des personnes qui ont faim malgré des ressources suffisantes

Alors que la mécanisation et l'arrivée de la chimie dans l'agriculture a permis d'augmenter les rendements agricoles au cours du XXe siècle, cela n'a pas réglé le problème des famines dans le monde. Le fait que certaines populations n'arrivent pas à manger à leur faim n'est pas dû à un manque de ressources, mais à une mauvaise répartition de celles-ci.

Si les productions étaient également réparties entre tous les habitants, aujourd'hui, la planète aurait assez de ressources pour tous les nourrir. Selon Sylvie Brunel, géographe et économiste, « le problème de la faim est donc plus un problème de pauvreté et de répartition que de déficit de la production elle-même».

 


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